Lexique blockchain et wallets : de la seed phrase au rollup

Blockchain, nœud, gas, L2, rollup, seed phrase, approval, drainer : les mots techniques de la crypto expliqués simplement, avec ce qu'ils changent pour vous.

Bases · Débutant · 14 min de lecture · Publié le

L’essentiel

La blockchain elle-même

  • Blockchain : un registre partagé, recopié par des milliers d'ordinateurs, où les transactions sont regroupées en blocs liés les uns aux autres. Voir la blockchain expliquée.
  • Bloc : un paquet de transactions validées ensemble. Environ toutes les 10 minutes sur Bitcoin, toutes les 12 secondes sur Ethereum.
  • Hash : l'empreinte numérique unique d'une donnée. Changer une virgule change tout le hash. Le « tx hash » est l'identifiant d'une transaction.
  • Nœud (node) : un ordinateur qui garde une copie de la blockchain et vérifie les règles. Un full node vérifie tout ; un light node ne garde que l'essentiel.
  • Mineur / validateur : celui qui produit les blocs. Mineur en Proof of Work, validateur en Proof of Stake.
  • Consensus : la règle qui permet à tous les nœuds de se mettre d'accord sur le même historique.
  • Proof of Work (PoW) : les mineurs dépensent de l'électricité pour résoudre un calcul ; c'est le modèle de Bitcoin. Hashrate : la puissance de calcul totale du réseau.
  • Proof of Stake (PoS) : les validateurs bloquent (« stakent ») des tokens en garantie ; c'est le modèle d'Ethereum depuis 2022. Voir PoW vs PoS.
  • Slashing : la pénalité d'un validateur qui triche ou se comporte mal : une partie de sa mise est détruite.
  • Finalité : le moment où une transaction ne peut plus être annulée.
  • Mempool : la salle d'attente des transactions pas encore incluses dans un bloc.
  • Nonce : sur Ethereum, le numéro d'ordre de vos transactions (0, 1, 2…). Une transaction bloquée avec un nonce bloque les suivantes.
  • Halving : la division par deux de la récompense des mineurs Bitcoin, tous les 210 000 blocs (environ 4 ans). Voir cycles et halving.
  • UTXO : le modèle de Bitcoin, où votre solde est une somme de « pièces » non dépensées. Ethereum utilise un modèle de comptes.
  • Fork : un changement des règles. Soft fork : compatible avec l'ancien logiciel. Hard fork : incompatible ; si une partie du réseau refuse, la chaîne se sépare en deux.
  • Attaque des 51 % : un acteur qui contrôle la majorité du calcul ou du stake peut réorganiser l'historique récent.
  • Mainnet / testnet / devnet : le vrai réseau / un réseau de test où les tokens n'ont pas de valeur / un réseau de développement. Un faucet distribue des tokens de test gratuits.
  • TPS : transactions par seconde, une mesure de débit souvent gonflée par le marketing.
  • Explorateur de blocs : le site qui affiche tout ce qui se passe sur une chaîne (Etherscan, Solscan, mempool.space). Voir lire un explorateur.
  • Oracle : le service qui apporte une donnée extérieure (un prix, un résultat) à la blockchain. Voir les oracles.

Les unités et les frais

  • Gas : le carburant d'une transaction sur Ethereum et les chaînes EVM. Plus le réseau est chargé, plus le gas coûte cher.
  • Gwei : un milliardième d'ETH (10⁻⁹). C'est l'unité dans laquelle on lit le prix du gas.
  • Wei : la plus petite unité de l'ETH (10⁻¹⁸).
  • Satoshi (sat) : la plus petite unité du bitcoin, 0,00000001 BTC.
  • Lamport : la plus petite unité du SOL (10⁻⁹).
  • Base fee / priority fee : sur Ethereum, la base fee est brûlée (détruite) ; la priority fee (« tip ») va au validateur pour passer plus vite.
  • Gas limit : le plafond de gas qu'une transaction accepte de consommer.
  • Token natif : le token qui paie les frais du réseau (BTC, ETH, SOL…). Sans lui, impossible de bouger vos autres tokens.

Les couches et les réseaux

  • Layer 1 (L1) : une blockchain principale (Bitcoin, Ethereum, Solana).
  • Layer 2 (L2) : un réseau construit au-dessus d'une L1 pour aller plus vite et moins cher, qui s'appuie sur elle pour la sécurité (Base, Arbitrum, Optimism). Voir Base, Arbitrum, Optimism.
  • Rollup : une L2 qui regroupe beaucoup de transactions et publie le résultat sur la L1. Optimistic rollup : on suppose les transactions valides sauf contestation (retrait natif vers la L1 souvent long, environ 7 jours). ZK rollup : chaque lot est accompagné d'une preuve mathématique. Voir rollups optimistes vs ZK.
  • Séquenceur : l'opérateur qui ordonne les transactions d'une L2.
  • Data availability (DA) : la garantie que les données d'une L2 sont publiées et consultables. Blobs : l'espace de données bon marché ajouté à Ethereum en 2024 pour les rollups.
  • Sidechain : chaîne parallèle avec sa propre sécurité (moins protégée qu'un rollup).
  • Appchain : une blockchain dédiée à une seule application.
  • Bridge : un pont pour faire passer des actifs d'une chaîne à l'autre ; historiquement une des cibles préférées des pirates. Voir les bridges.
  • Wrapped token : la version « emballée » d'un actif sur une autre chaîne (WBTC = du bitcoin représenté sur Ethereum). WETH : l'ETH emballé au format ERC-20.
  • EVM : la machine virtuelle d'Ethereum. Une chaîne « EVM compatible » accepte les mêmes wallets et les mêmes adresses 0x. Solana a sa propre machine (SVM).

Les contrats et les tokens

  • Smart contract : un programme déployé sur la blockchain, qui s'exécute tout seul selon son code.
  • dApp : une application décentralisée, une interface web qui parle à des smart contracts.
  • Contrat vérifié : un contrat dont le code source est publié et vérifié sur l'explorateur. Un contrat non vérifié est un signal d'alerte.
  • CA (Contract Address) : l'adresse du contrat d'un token. C'est elle, pas le nom ni le logo, qui identifie le vrai token.
  • Standards de tokens : ERC-20 (token classique sur EVM), ERC-721 (NFT unique), ERC-1155 (multi-tokens), SPL (tokens Solana), BRC-20 (tokens sur Bitcoin via les inscriptions). Voir coins, tokens et standards.
  • Coin vs token : un coin est natif de sa chaîne (BTC, ETH) ; un token est émis par un contrat sur une chaîne existante.
  • Burn : envoyer des tokens vers une adresse dont personne n'a la clé, pour les détruire. Burn address : par exemple 0x000…dEaD.
  • RPC : le point d'accès qui relie votre wallet à la blockchain. Voir mempool privé et RPC protégés.

Wallets et clés

  • Wallet : l'application ou l'appareil qui garde vos clés et signe vos transactions. Vos cryptos sont sur la blockchain, pas « dans » le wallet.
  • Clé privée : le secret qui prouve que vous êtes propriétaire. Celui qui l'a contrôle les fonds.
  • Clé publique / adresse : ce que vous partagez pour recevoir. Une adresse EVM commence par 0x, une adresse Bitcoin moderne par bc1.
  • Seed phrase (phrase de récupération) : 12 ou 24 mots (norme BIP39) qui permettent de recréer toutes vos clés. Ne la tapez jamais sur un site, ne la photographiez pas. Voir clé privée et seed phrase.
  • Passphrase (25e mot) : un mot de passe ajouté à la seed qui crée des wallets cachés. Voir la passphrase BIP39.
  • Chemin de dérivation : la « route » qui transforme une seed en adresses. Deux wallets qui n'utilisent pas le même chemin n'affichent pas les mêmes adresses.
  • xpub : la clé publique étendue, qui permet de voir toutes les adresses d'un wallet Bitcoin sans pouvoir dépenser.
  • Custodial / non-custodial : la plateforme garde les clés (exchange) / vous gardez vos clés (self-custody). « Not your keys, not your coins ».
  • Hot wallet / cold wallet : wallet connecté à Internet / clés gardées hors ligne. Voir hot vs cold.
  • Hardware wallet : un appareil physique qui garde la clé et signe sans l'exposer à l'ordinateur. Air-gap : sans câble ni Bluetooth, la signature passe par QR code. Voir installer un hardware wallet.
  • Secure element : une puce sécurisée qui protège la clé contre l'extraction physique.
  • Multisig : un wallet qui exige plusieurs signatures (ex. 2 sur 3). Voir multisig et Safe.
  • MPC wallet : la clé est découpée en morceaux répartis entre plusieurs appareils ou serveurs.
  • Smart wallet / account abstraction : un wallet qui est lui-même un smart contract : récupération sociale, frais payés par un tiers (paymaster), clés de session, connexion par passkey. Voir account abstraction.
  • ENS / noms de domaine : un nom lisible qui remplace une adresse (vitalik.eth). Pratique, mais vérifiez toujours l'adresse réelle derrière.

Signatures et sécurité

  • Signature : votre approbation cryptographique d'une transaction ou d'un message. Signer peut suffire à perdre des fonds, même sans transaction visible.
  • Approval (allowance) : l'autorisation donnée à un contrat de dépenser un token à votre place. Une approval illimitée reste active tant que vous ne la révoquez pas. Voir révoquer ses approvals.
  • Revoke : retirer une approval (avec Revoke.cash ou l'outil de l'explorateur).
  • Permit / Permit2 : des approvals données par simple signature hors chaîne. Pratique, et très utilisé par les drainers.
  • Blind signing : signer sans pouvoir lire ce que contient la transaction. Clear signing : le wallet affiche en clair ce que vous signez.
  • Drainer : un faux site ou un script qui vide votre wallet après une signature. Voir phishing et drainers.
  • Address poisoning : un escroc vous envoie une transaction depuis une adresse qui ressemble à celle d'un contact, en espérant que vous la recopiiez depuis votre historique.
  • Dust attack : l'envoi de micro-montants pour pister ou piéger un wallet.
  • Checksum : sur EVM, le mélange de majuscules et minuscules d'une adresse sert de contrôle d'erreur.
  • Transaction bloquée / speed up / cancel : une transaction avec trop peu de frais peut rester en attente ; le wallet propose de l'accélérer ou de l'annuler en payant plus.

Sources

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